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Partie 2 : Cartes numériques et calcul d'itinéraires


Une carte numérique est composée de plusieurs couches d'information superposées :

CoucheContenu
Fond de carteRelief, terrain, image satellite
Réseau routierRoutes, autoroutes, chemins, pistes cyclables
BâtimentsHabitations, commerces, équipements publics
TransportsLignes de bus, métro, gares
Points d'intérêtRestaurants, hôtels, stations-service, monuments
Données en temps réelTrafic routier, météo, travaux

Lorsque vous zoomez ou dézoomez sur une carte numérique, la carte ne se contente pas de « grossir » ou « rétrécir » l'image comme une loupe le ferait. À chaque niveau de zoom, la carte fait des choix éditoriaux : quelles informations afficher, lesquelles masquer.

C'est le même problème que de résumer une carte A3 très détaillée sur un format A6 (carte postale) : il faut choisir quelles informations conserver et lesquelles sacrifier. Ce n'est pas un zoom optique, c'est un zoom éditorial.

Chaque niveau de zoom correspond à un ensemble de couches différent, avec des niveaux de détail adaptés. C'est pourquoi on parle de niveaux de détail (Level of Detail, LOD) en cartographie numérique.

OpenStreetMap (OSM) est un projet collaboratif mondial de cartographie libre, souvent surnommé le « Wikipédia des cartes ». Lancé en 2004, il repose sur le même principe que l'encyclopédie collaborative : n'importe qui peut contribuer en ajoutant ou en modifiant des données géographiques.

  • Licence : libre et gratuite (Open Database License)
  • Contributeurs : des millions de bénévoles dans le monde entier
  • Données : ouvertes, réutilisables par tous (applications, chercheurs, entreprises)
  • Mise à jour : par la communauté, souvent très réactive (catastrophes naturelles, nouveaux bâtiments)
  • Philosophie : transparence, indépendance, collaboration

4.4. Géoportail : le portail géographique français

Section intitulée « 4.4. Géoportail : le portail géographique français »

Géoportail est un site web développé par l'IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) qui permet d'explorer le territoire français à travers de nombreuses couches de données officielles.

Contrairement à Google Maps qui se concentre sur la navigation et les commerces, Géoportail propose des données institutionnelles riches et variées :

Donnée disponibleDescription
CadastreLimites des parcelles, numéros cadastraux (utile pour connaître les limites exactes d'un terrain)
Cartes historiquesCartes de Cassini (XVIIIe siècle), cartes d'état-major (XIXe siècle) et photographies aériennes anciennes
Cartes de bruitZones exposées au bruit routier, ferroviaire ou aérien
Zones de survol droneZones où le survol par drone est interdit ou réglementé
Relief et altitudeModèle numérique de terrain, courbes de niveau
Risques naturelsZones inondables, risques sismiques, mouvements de terrain

La Terre est une sphère (approximativement), mais les cartes sont planes. Le passage de la sphère au plan nécessite une projection cartographique, qui déforme inévitablement certaines propriétés (surfaces, distances, angles).

La projection la plus courante est la projection de Mercator, qui conserve les angles mais déforme les surfaces près des pôles (le Groenland paraît aussi grand que l'Afrique alors qu'il est 14 fois plus petit).


Les applications de navigation (Google Maps, Waze, GPS de voiture...) calculent des itinéraires en utilisant des algorithmes de plus court chemin sur un graphe.

Le réseau routier est modélisé comme un graphe pondéré :

  • Les sommets (ou nœuds) sont les carrefours et intersections.
  • Les arêtes sont les tronçons de route entre deux carrefours.
  • Chaque arête possède un poids qui représente un coût : distance, temps de parcours ou coût financier.

L'utilisateur peut choisir différents critères d'optimisation, ce qui revient à changer les poids des arêtes du graphe :

CritèreCe qui est minimiséPoids des arêtes
Le plus courtLa distance totale en kilomètresDistance (km)
Le plus rapideLe temps de parcours totalDurée (minutes)
Le plus économiqueLa consommation de carburantConsommation (litres)
Éviter les péagesLe coût financierCoût (euros)

Le principal algorithme de calcul de plus court chemin est l'algorithme de Dijkstra, inventé en 1959 par le mathématicien néerlandais Edsger Dijkstra.

Son principe est simple et méthodique :

  1. Départ : on part du point de départ. On note la distance 0 pour ce point et l'infini (∞) pour tous les autres.
  2. Exploration : on regarde tous les voisins directs du point actuel. Pour chacun, on calcule la distance totale depuis le départ. Si cette distance est meilleure que celle déjà connue, on la met à jour.
  3. Validation : on marque comme « visité » le point non visité ayant la plus petite distance connue. On ne reviendra plus dessus.
  4. Répétition : on recommence l'étape 2 depuis ce nouveau point, jusqu'à atteindre la destination.

Les applications modernes enrichissent cet algorithme avec des données en temps réel (trafic, accidents, travaux) pour recalculer l'itinéraire dynamiquement. Elles utilisent aussi des versions optimisées (comme A*) qui orientent la recherche vers la destination pour aller plus vite.

Le calcul d'itinéraire routier et le routage des données sur Internet reposent sur le même problème mathématique : trouver le meilleur chemin dans un graphe pondéré.

Réseau routierRéseau Internet
SommetsCarrefours, villesRouteurs, serveurs
ArêtesRoutes, autoroutesCâbles, fibres optiques, liens Wi-Fi
PoidsDistance, temps, péageLatence, débit, congestion
AlgorithmeDijkstra, A*OSPF (basé sur Dijkstra), BGP
ObjectifAmener une voiture à destinationAmener un paquet de données à destination