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Partie 1 : Réseaux sociaux et théorie des graphes


Un réseau social est une plateforme en ligne qui permet à ses utilisateurs de créer un profil, de se connecter avec d'autres personnes et de partager du contenu (textes, photos, vidéos...).

Les réseaux sociaux reposent sur la mise en relation de personnes partageant des centres d'intérêt communs : amis, collègues, passions, localisation...

TypeObjectifExemples
CommunicationÉchanger des messages, discuterWhatsApp, Messenger, Signal
Partage de médiasPublier photos et vidéosInstagram, YouTube, TikTok
ProfessionnelDévelopper son réseau de travailLinkedIn
InformationSuivre l'actualité, débattreX (ex-Twitter)
GénéralisteCombiner communication, partage, groupesFacebook

Les réseaux sociaux comptent des milliards d'utilisateurs actifs dans le monde. En France, un utilisateur y passe en moyenne plus d'une heure par jour. Ces plateformes sont pour la plupart gratuites pour l'utilisateur, ce qui soulève la question de leur modèle économique.


2. Modéliser un réseau social : la théorie des graphes

Section intitulée « 2. Modéliser un réseau social : la théorie des graphes »

Un réseau social peut être représenté mathématiquement par un graphe :

  • Chaque utilisateur est un sommet (ou nœud) du graphe.
  • Chaque lien d'amitié ou de relation entre deux utilisateurs est une arête du graphe.
Alice --- Bob
| / |
| / |
Clara --- David

Dans ce graphe : 4 sommets (Alice, Bob, Clara, David), 5 arêtes (les liens d'amitié).

Tous les réseaux sociaux ne fonctionnent pas de la même manière. Il est important de distinguer deux types de graphes :

Dans un graphe non orienté, les arêtes n'ont pas de direction : si Alice est amie avec Bob, alors Bob est automatiquement ami avec Alice. La relation est réciproque.

Exemple : sur Facebook, l'amitié est toujours mutuelle. Si Alice envoie une demande d'ami à Bob et que Bob accepte, ils sont amis l'un de l'autre.

Alice ---- Bob (arête simple, relation réciproque)
  • Une chaîne est une suite de sommets reliés par des arêtes consécutives. Par exemple, Alice-Clara-David est une chaîne de longueur 2.
  • La distance entre deux sommets est la longueur de la plus courte chaîne qui les relie.

La matrice d'adjacence est un tableau qui permet de représenter un graphe sous forme numérique. Pour un graphe à n sommets, c'est un tableau de n lignes et n colonnes :

  • On place un 1 à l'intersection de la ligne i et de la colonne j si les sommets i et j sont reliés par une arête.
  • On place un 0 sinon.
NotionDéfinitionExemple
Écartement d'un sommetDistance maximale entre ce sommet et tous les autresSi Alice est à distance 1 de Bob, 1 de Clara et 2 de David, son écartement est 2
Centre du grapheSommet(s) dont l'écartement est minimalLe(s) sommet(s) le(s) plus "central(aux)" du réseau
Rayon du grapheÉcartement du centrePlus petit écartement parmi tous les sommets
Diamètre du grapheDistance maximale entre deux sommets quelconquesDonne la "taille" du réseau

En 1967, le psychologue américain Stanley Milgram a réalisé une expérience devenue célèbre. Il a envoyé 296 lettres à des personnes choisies au hasard dans le Nebraska et le Kansas (centre des États-Unis), en leur demandant de faire parvenir chaque lettre à une personne cible précise habitant à Boston (côte Est), qu'elles ne connaissaient pas personnellement. La seule règle : chaque participant devait transmettre la lettre à une connaissance personnelle qui, selon lui, avait le plus de chances de connaître la cible ou de s'en rapprocher.

Résultat : les lettres qui sont arrivées à destination sont passées en moyenne par six intermédiaires. Milgram en a conclu que deux personnes prises au hasard aux États-Unis sont reliées par une chaîne d'environ six connaissances. C'est la théorie des six degrés de séparation.

Les six degrés de séparation à l'ère numérique

Section intitulée « Les six degrés de séparation à l'ère numérique »

Sur les réseaux sociaux numériques, cette distance est encore plus courte. En 2016, une étude menée par Facebook sur l'ensemble de ses utilisateurs (près de 1,6 milliard de personnes à l'époque) a montré que deux utilisateurs quelconques étaient séparés en moyenne par seulement 3,57 intermédiaires. Le « petit monde » est devenu encore plus petit grâce aux connexions numériques.